La résilience
Comprendre, mobiliser ses ressources et se reconstruire durablement grâce à la sophrologie.
Christophe Ducourret-Gravereau
2/19/20267 min read


la résilience : comprendre, mobiliser ses ressources et se reconstruire durablement grâce à la sophrologie
La résilience est aujourd’hui un concept largement évoqué dans les domaines de la psychologie, du management et de la santé. Pourtant, derrière ce terme devenu familier, se cache une réalité complexe, profondément humaine et scientifiquement étudiée. La résilience ne désigne ni une invulnérabilité, ni une capacité à nier la souffrance. Elle correspond à un processus dynamique par lequel un individu parvient à se reconstruire, à retrouver un équilibre et parfois même à se développer après avoir traversé une épreuve. Cette notion a été largement explorée par des chercheurs comme Boris Cyrulnik, Emmy Werner ou encore George Bonanno, dont les travaux ont démontré que la capacité de rebond n’est pas un trait fixe mais un ensemble de mécanismes adaptatifs mobilisables. Dans un contexte personnel ou professionnel exigeant, marqué par l’incertitude et les transitions rapides, développer sa résilience constitue un enjeu majeur pour préserver sa santé mentale et maintenir un fonctionnement efficace. Cet article propose d’examiner les fondements scientifiques de la résilience, d’en analyser les facteurs clés, d’illustrer ses mécanismes à travers quelques situations concrètes, et de mettre en lumière l’apport structurant de la sophrologie pour se recentrer sur ses ressources et mieux rebondir après une épreuve.
Les recherches contemporaines en psychologie montrent que la résilience repose sur l’interaction entre des facteurs internes et externes. Les facteurs internes incluent les compétences émotionnelles, la capacité de régulation du stress, l’estime de soi et la flexibilité cognitive. Les facteurs externes regroupent le soutien social, la qualité de l’environnement familial ou professionnel, et la présence de figures de référence sécurisantes. Emmy Werner, dans son étude longitudinale menée à Hawaï sur plusieurs décennies, a observé que certains enfants exposés à des contextes socio-économiques difficiles parvenaient à se développer de manière équilibrée à l’âge adulte. Les conclusions de cette recherche ont montré que la résilience n’était pas liée à une absence de difficultés, mais à la capacité de mobiliser des ressources internes et relationnelles pour faire face aux adversités. De son côté, George Bonanno, spécialiste des réactions au traumatisme, a démontré que la majorité des individus confrontés à des événements douloureux développent des trajectoires d’adaptation relativement stables, à condition de disposer de mécanismes de régulation émotionnelle efficaces. Ces travaux convergent vers une idée essentielle : la résilience n’est pas exceptionnelle, elle est potentiellement accessible à chacun, mais elle nécessite un environnement favorable et des compétences psychologiques entretenues.
Sur le plan neurobiologique, la résilience s’appuie sur la plasticité cérébrale. Les neurosciences ont mis en évidence la capacité du cerveau à se réorganiser après une expérience stressante ou traumatique. Lorsque nous traversons une épreuve, les circuits neuronaux liés à la peur et au stress, notamment ceux impliquant l’amygdale et l’axe hypothalamo-hypophyso-surrénalien, sont activés. Si cette activation perdure sans régulation, elle peut entraîner un stress chronique, une hypervigilance et des troubles anxieux. En revanche, lorsque l’individu mobilise des stratégies adaptatives, telles que la restructuration cognitive, la respiration consciente ou le soutien social, le cortex préfrontal intervient davantage dans la gestion émotionnelle, favorisant un retour à l’équilibre. Cette capacité à réguler l’activation émotionnelle constitue un pilier de la résilience. Elle permet non seulement de limiter l’impact physiologique du stress, mais aussi de redonner un sentiment de contrôle sur la situation. Ce processus n’efface pas l’épreuve, mais il transforme la manière dont elle est intégrée dans l’histoire personnelle.
Dans la vie quotidienne, la résilience se manifeste souvent dans des situations ordinaires, loin des traumatismes spectaculaires. Prenons l’exemple d’un homme confronté à une perte d’emploi après plusieurs années d’investissement professionnel. La remise en question peut être profonde, touchant à l’identité, à la confiance et à la stabilité financière. Sans ressources internes solides, cette épreuve peut engendrer un sentiment d’échec durable. Pourtant, lorsqu’il parvient à analyser la situation avec recul, à identifier les compétences acquises et à maintenir un réseau relationnel actif, il transforme progressivement l’événement en opportunité de redéfinition professionnelle. Ce processus illustre l’un des mécanismes centraux de la résilience : la capacité à donner du sens à l’épreuve. Les travaux d’Aaron Antonovsky sur le sentiment de cohérence montrent que les individus qui perçoivent les événements comme compréhensibles, maîtrisables et porteurs de sens présentent une meilleure santé psychologique. La résilience ne nie pas la difficulté, elle l’intègre dans un récit plus large, cohérent et évolutif.
Un autre exemple peut être observé dans la sphère familiale. Un père confronté à une maladie temporaire qui limite ses capacités physiques peut ressentir une perte de repères et une frustration importante face à son rôle habituel. La résilience ne consistera pas à minimiser cette frustration, mais à adapter progressivement ses attentes, à accepter l’aide proposée et à redéfinir temporairement ses priorités. Cette flexibilité cognitive et comportementale constitue un levier majeur de rebond. Les recherches en psychologie positive, notamment celles de Martin Seligman, soulignent que l’optimisme réaliste, c’est-à-dire la capacité à reconnaître les difficultés tout en conservant la conviction que des solutions existent, favorise l’engagement dans l’action et la récupération émotionnelle. Dans ces contextes, la résilience devient un processus actif de réajustement, appuyé sur des ressources personnelles et relationnelles.
Cependant, il convient de souligner que la résilience n’est pas une obligation morale. Elle ne signifie pas qu’un individu doit immédiatement se relever ou afficher une force constante. La pression sociale à « rebondir » rapidement peut au contraire accentuer la culpabilité et retarder le processus d’adaptation. Les études en psychologie clinique montrent que la résilience s’inscrit dans une temporalité variable selon les individus et les contextes. Elle nécessite souvent une phase d’acceptation émotionnelle, durant laquelle la tristesse, la colère ou le doute sont pleinement reconnus. C’est seulement après cette reconnaissance que la reconstruction peut s’opérer de manière authentique. La résilience est donc un processus graduel, oscillant entre vulnérabilité et mobilisation des ressources.
Dans cette dynamique, la sophrologie constitue un outil particulièrement pertinent pour soutenir le processus de résilience. Fondée sur des techniques de respiration contrôlée, de relaxation musculaire et de visualisation positive, elle agit à la fois sur le corps et sur le mental. Les études en psychophysiologie démontrent que la respiration lente et profonde stimule le système nerveux parasympathique, favorisant la diminution du rythme cardiaque et la réduction du cortisol. Cette régulation physiologique crée les conditions nécessaires à une meilleure gestion émotionnelle. En état de tension chronique, l’individu peine à accéder à ses ressources cognitives et à prendre des décisions éclairées. En retrouvant un état de calme intérieur, il peut analyser la situation avec davantage de clarté et identifier des pistes d’action réalistes.
La visualisation positive, autre pilier de la sophrologie, contribue également à renforcer la résilience. En se projetant mentalement dans une situation future gérée avec sérénité, l’individu prépare son cerveau à adopter des réponses plus adaptées. Les recherches en neurosciences montrent que le cerveau ne distingue pas totalement entre une expérience réelle et une expérience intensément imaginée. Ainsi, répéter mentalement une situation de réussite ou de dépassement de difficulté renforce les circuits neuronaux associés à la confiance et à la maîtrise. Cette pratique régulière consolide le sentiment d’efficacité personnelle, concept développé par Albert Bandura, qui souligne que la conviction de pouvoir agir efficacement sur son environnement constitue un facteur déterminant de résilience.
La sophrologie favorise également la reconnexion aux ressources internes. Après une épreuve, il est fréquent que l’attention se focalise sur la perte, l’échec ou la difficulté. Cette focalisation sélective entretient un état émotionnel négatif et limite la perception des capacités restantes. Les exercices sophrologiques invitent à porter l’attention sur les réussites passées, les compétences acquises et les soutiens disponibles. Ce recentrage progressif modifie la perception globale de la situation. Il ne s’agit pas d’un optimisme naïf, mais d’un rééquilibrage attentionnel permettant de considérer l’ensemble des éléments en présence. Cette approche contribue à restaurer la confiance et à réduire la sensation d’impuissance.
Dans un cadre professionnel, la sophrologie peut être intégrée à une routine quotidienne de quelques minutes. Un exercice simple de respiration consciente avant une réunion importante ou après un événement stressant permet de limiter l’accumulation de tensions. Sur le long terme, cette pratique régulière développe une stabilité émotionnelle qui facilite le rebond après un revers. Les entreprises qui intègrent des programmes de gestion du stress incluant la relaxation et la respiration observent souvent une amélioration de la concentration, une diminution de l’absentéisme et une meilleure cohésion d’équipe. Ces observations rejoignent les données scientifiques démontrant l’impact positif des techniques de relaxation sur la performance cognitive et la santé psychologique.
La résilience peut également être renforcée par la structuration d’objectifs progressifs. Après une épreuve, se fixer des étapes réalistes permet de reconstruire un sentiment de progression. La sophrologie accompagne cette démarche en favorisant la visualisation d’objectifs atteignables et en consolidant la motivation interne. Elle soutient le processus de redéfinition identitaire qui suit souvent un événement marquant. En se reconnectant à ses valeurs et à ses priorités, l’individu redonne du sens à son parcours et transforme l’épreuve en expérience intégrée plutôt qu’en rupture définitive.
En définitive, la résilience n’est ni une qualité innée réservée à quelques individus, ni une simple capacité à endurer la souffrance. Elle correspond à un processus complexe de régulation émotionnelle, de restructuration cognitive et de mobilisation des ressources internes et externes. Les études en psychologie et en neurosciences confirment que ce processus peut être soutenu et renforcé par des pratiques adaptées. La sophrologie, par son approche globale et structurée, constitue un outil efficace pour favoriser ce recentrage, réduire la surcharge mentale et accompagner le rebond après une épreuve. Elle permet de restaurer un équilibre physiologique, de clarifier les pensées et de consolider la confiance en ses capacités d’adaptation. Pour un homme engagé dans ses responsabilités personnelles et professionnelles, cultiver la résilience ne signifie pas masquer sa vulnérabilité, mais apprendre à l’intégrer comme une dimension naturelle de l’expérience humaine. C’est dans cette articulation entre lucidité, acceptation et mobilisation des ressources que se construit un rebond solide et durable. La résilience devient alors non pas une réaction ponctuelle à l’adversité, mais une compétence évolutive, entretenue par une hygiène mentale régulière et un travail conscient sur soi, permettant de traverser les épreuves avec davantage de stabilité, de cohérence et de confiance en l’avenir.
Ducourret-Gravereau sophrologue
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